Publié le 22 février 2022–Mis à jour le 5 juillet 2024
Date(s)
le 15 avril 2022
De 10h00 à 12h00
Lieu(x)
Campus Carlone
Salle du Conseil
séminaire gmp
Discours, genre et féminismes. Les corpus politiques et médiatiques au crible de la logométrie et du deep learning; Magali Guaresi, docteure en Histoire contemporaine, BCL, Université Côte d’Azur
Cette communication expose, au fil de trois études de cas, les principaux résultats de recherches menées ces dernières années sur la construction discursive du genre. Elle procède de l’idée forte que le genre est un système de bicatégorisation sexuée des sociétés construit et véhiculé par les discours (Rennes 2013). En cela, le genre, objet verbal, mouvant, historique et difficile à saisir, nécessite une méthode objectivante pour le décrire et le comprendre. L’analyse de données textuelles (ou logométrie) et les récentes techniques d’intelligence artificielle (deep learning) appliquées aux corpus textuels sont à ce titre des voies efficaces pour les études de genre. Nous l’illustrerons par trois fois :
Sur la base d’un corpus politique de professions de foi électorales, nous interrogerons d’abord quelques modalités discursives de la féminisation du mandat de député.e sous la Cinquième République.
Puis, à partir du corpus « Sorcières », revue de militantes féministes de la deuxième vague créée en 1975, nous présenterons la construction d’un dispositif de lutte créatif et politique, dans lequel langage et métalangage s’articulent pour renverser le stigmate de l’ « écriture féminine ».
Enfin, nous évoquerons des pistes de recherches actuelles sur la caractérisation du genre dans des corpus de scripts cinématographiques. Les modèles d’apprentissage profond (deep learning) doivent permettre, en effet, de mettre au jour des patrons discursifs (et visuels) complexes, tels que les régimes scopiques (male et female gaze – Brey 2020), qui véhiculent des représentations différenciées des personnages féminins et masculins.